Je souhaite tendre à un épanouissement personnel utopique et à une tranquillité physique et morale. J'aspire également à la serenité et à un travail stable sans effort mais rémunérateur. J'appelle à la déhortation du moi et au pragmatisme économique et social sans obstacle moralisateur de cohésion morale ou pléonasme déstabilisant. Je souhaite établir une relation de connivence entre intégrité et perte de soi et la clamer haut et fort afin de nettoyer quiconque de tout soupçon. Malheureusement, il est inéluctable et déplaisant qu'il faille se soumettre à une autorité qui dispose de toute crédibilité et légitimité sans pour autant valoir plus que nous même et qui pourrait tout malencontreusement mener à un acte fortuit même si délibéré de rébellion quelconque de notre part. Cette sensation désagréable est le fruit de la décadence hiérarchique du système qui fait entrave aux ambitions des uns et aux efforts des autres et pousse à une dissidence malgré tout volontaire et systématique et à la déliquescence de l'homme qui, quelque intelligent qu'il soit obtempère à des raisons qui bien qu'aléatoires n'en sont pas moins intrinsèques et absolues. Le « monde du travail » m'inspire immédiatement deux mots particuliers : le premier étant celui de la soumission, cette grave soumission aux normes pesantes qui aspire à une banalisation généralisée de l'homme, cet homininé incompris et incombé de tant de responsabilités en détruisant sa personne et en faisant émaner de lui une pudeur professionnelle le décourageant de toute entreprise personnelle à cet égard, apparaît dans mon esprit comme un quelconque rapport de force trop abstrus et sibyllin pour s'imposer comme il se doit de manière péremptoire et indiscutable afin d'être indissociable de toute marge d'erreur. Le deuxième étant celui de l'hypocrisie qui creuse des gouffres dichotomiques entre histrions pédants , dilettantes et effacés et fayots trop pleutres pour s'imposer comme il se doit et faisant ainsi valoir leur art de la flatterie et de l'image qu'ils émettent dès leur prime enfance sur les bancs de l'école à merveille, acte typique de la supercherie gargantuesque du monde superficiel du travail, terme bien relatif au vu de toutes les injustices auxquelles on assiste dès le plus jeune âge et qui ne disparaissent malheureusement jamais. La recherche d'emploi est la seule réalité du travail qui nous attend qui peut se traduire par une litanie de responsabilités et de malheurs : CDD, CDI, entretiens, RTT, heures fixes, mi-temps, allocations, SMIC, RMI, chômage, impôts, emprunts, dettes ... Bref, la liste est longue et peu encourageante. Il faut pourtant porter un regard lucide sur la réalité de ce fardeau débilitant auquel il faut ajouter la fervente compétition qui confond égalité et fraternité avec élitisme et mercantilisme. La réalité, c'est la fatalité du chômage qui nous guette et sa pérennité exaspérante qui nous transforme en robot azimuté dépressif à la rue car n'ayant pas tenu compte des évènements contingents et disposant d'une expérience bafouée jusqu'à preuve du contraire. « Dura lex sed lex » et « Lex taliones » sont les seules vérités qui décrivent avec justesse les vraies valeurs qui encadrent et régulent notre misérable existence et c'est parce que ces deux vérités sont dures à avaler qu'elles sont plus vraies que n'importe quelle marque de prosélytisme sans fond qui se traduisent par des devises mensongères qui font plutôt croire aux nouvelle générations à des bonheurs du type : héritages faramineux, dividendes exorbitants, augmentations, promotions, place de futur PDG ou de future célébrité, mariage heureux, nombreux enfants, nombreux amis, belle voiture, grande maison et victoire au loto. Ceci est un pamphlet contre l'humanité, une caricature acrimonieuse et acerbe de l'échec social, une diatribe caustique contre une nation construite sur des valeurs sans fondements et je souhaite pouvoir développer une logorrhée épistolaire, être doté de ce viatique afin de pouvoir crier haro sur ce « monde du travail » et ce monde tout court, érigé de toutes parts par des façades ostentatoires et mensongères, faisant de l'ombre sur les réelles facettes qui les composent, conséquences logiques de ce monde bâti sur des vestiges de corruption qui conduisent irrémédiablement aux quatre et unique piliers fondateurs qui supportent le véritable univers qui nous entoure : Bêtise, Mensonge, Injustice et Fatalité.